Au cœur de la Voie lactée se cache un trou noir supermassif nommé Sagittarius A* — 4 millions de fois plus massif que le Soleil. Autour de lui, comme tenues par des cordes invisibles, des étoiles tournent. Selon la théorie d'Einstein, leurs orbites devraient lentement pivoter. Mais si la particule de gravité — le graviton — a une masse, la corde s'étire légèrement et la rotation des orbites s'accentue. Les astronomes ont suivi les étoiles S2 et S38 et comparé leurs trajectoires à des modèles informatiques. Aucun écart par rapport au scénario d'Einstein n'a été trouvé. Par conséquent, la masse du graviton — si elle existe — ne dépasse pas un millionième de millionième de millionième de la masse de l'électron. C'est si infime que l'onde d'une telle particule s'étendrait sur des centaines de systèmes solaires — un océan invisible dont nous ne percevons la houle qu'à travers le mouvement d'étoiles lointaines. La même conclusion découle des ondes gravitationnelles émises lors de fusions de trous noirs, détectées par les instruments. Ainsi, notre Galaxie devient un laboratoire pour tester les lois fondamentales.
Si le graviton pesait à la limite supérieure, son onde s'étendrait sur des milliards de kilomètres — un océan invisible que nous ne ressentons qu'à travers la danse des étoiles lointaines.
Dans le roman « L'Échelle de Schild », le vide modifie les lois de la physique — tout comme un graviton massif modifierait la force de gravité à travers l'espace.