Le travail se situe à l'écart : presque personne à proximité, le plus proche voisin à une distance de 0.524, et juste à côté, zéro travaux. Le groupe thématique de la carte est singularity, event_horizon, gravitational_potential, gravitational_singularity, mais cet article ne porte pas sur les singularités, mais sur les codes quantiques comme modèles jouets de l'holographie. Les travaux voisins étudient les ombres gravitationnelles, les univers caméléons, les codes quantiques iceberg et d'autres aspects de la gravité émergente, mais aucun d'entre eux n'implémente un code holographique sur du matériel quantique réel avec vérification de la formule FLM. Ici, pour la première fois, la relation clé d'AdS/CFT est confirmée expérimentalement dans un système quantique de dimension finie, ce qui ouvre la voie à l'étude en laboratoire de la gravité quantique.
Sur le processeur ionique IonQ Forte à 36 qubits, on a implémenté le code HaPPY [[25,11,3]] à deux couches, un réseau tensoriel à structure d'intrication hyperbolique qui reproduit la formule de Ryu–Takayanagi. Pour économiser des ressources, le code a été réduit à [[8,2,3]], en conservant les propriétés entropiques. Les schémas de codage ont été traduits en portes natives {GPi, GPi2, ZZ}. L'intrication des qubits volumiques était modulée par l'angle θ dans l'état cosθ|00⟩+sinθ|11⟩. Pour extraire les entropies, on a utilisé la tomographie quantique d'états avec estimation par maximum de vraisemblance. La « magie » (non-stabilisateur) était introduite en décalant les angles de rotation des portes par rapport aux valeurs cliffordiennes de λ radians. Dans l'expérience à deux copies, on intriquait les qubits logiques de deux codes et on mesurait la proto-aire de la région frontière unifiée.
Dans la limite stabilisatrice (M=0), la proto-aire mesurée S_PA = S_B − S_b restait constante (égale à 2) lorsque θ variait de 0 à π/4, ce qui confirme la formule FLM : l'entropie frontière croît exactement autant que l'entropie volumique, et l'« aire » ne change pas. En ajoutant de la magie (M=2.23 et 5.79), S_PA commençait à croître avec θ, et la pente augmentait avec la magie : pour M=5.79, la différence S_PA(π/4)−S_PA(0) était d'environ 0.2 (selon les données avec reconstruction optimale : 0.108). Dans les expériences à deux copies (2×[[5,1,3]] et 2×[[8,2,3]]) avec magie, S_PA diminuait lorsque l'intrication entre codes augmentait : les pentes des ajustements linéaires étaient de −0.17±0.06, −0.31±0.05, −0.37±0.05 pour M=0, 1.51, 4.63 dans la version à 10 qubits, et de −0.35±0.06, −0.91±0.06 pour M=0, 1.95 dans celle à 16 qubits. Cela concorde avec l'intuition d'un raccourcissement du trou de ver lorsque l'intrication augmente.
Ce travail se distingue des voisins en ce qu'il transpose pour la première fois les codes holographiques du papier à un dispositif quantique réel et vérifie la formule FLM, et non seulement la formule RT sans correction quantique (comme dans l'expérience RMN de 2019). De plus, il introduit la « magie » comme paramètre contrôlable qui active la dépendance de la géométrie à l'état, un effet absent des modèles purement stabilisateurs. C'est la première démonstration expérimentale que des ressources non-cliffordiennes sont nécessaires à la rétroaction gravitationnelle, comme le prévoyaient de récents travaux théoriques. La construction à deux copies donne un indice de connectivité émergente, mais sans dual gravitationnel strict, ce qui stimule la théorie.
Le domaine pourrait évoluer vers la mise à l'échelle : augmenter le nombre de qubits et la précision des portes permettra de s'approcher du régime où émerge une géométrie semi-classique. Des méthodes de tomographie plus efficaces (par exemple, la tomographie proche-stabilisateur) seront nécessaires pour contourner la croissance exponentielle du coût. Il serait aussi intéressant d'étudier la transition de phase des géodésiques dans les systèmes à deux copies pour de grands N, où le croisement pourrait s'accentuer jusqu'à devenir une véritable transition de phase. Des schémas dynamiques, où la géométrie est extraite des fonctions de corrélation sans tomographie, pourraient réduire les besoins en ressources.
L'expérience aura un impact sur la gravité quantique, la théorie quantique de l'information et l'informatique quantique : elle fournit une plateforme de test pour vérifier les hypothèses sur l'émergence de l'espace-temps et le rôle de la magie dans la gravité.
Les prochaines étapes incluent le développement d'une tomographie économe en ressources pour les grands codes, l'optimisation de la reconstruction sans contraintes d'architecture et l'étude de constructions multi-copies pour rechercher des transitions de phase.
Ce travail est directement lié au problème non résolu de l'unification de la mécanique quantique et de la relativité générale : il fournit un modèle de dimension finie dans lequel on peut vérifier comment la géométrie émerge de l'intrication. En informatique quantique, il soulève la question des ressources (au-delà de l'intrication) nécessaires à la gravité émergente, et désigne la « magie » non-cliffordienne comme ingrédient clé. Pour le calcul quantique, cela stimule le développement de méthodes de tomographie et de reconstruction passant à l'échelle de centaines de qubits.
L'expérience a utilisé jusqu'à 56 portes ZZ à deux qubits dans un même circuit, et pour la tomographie d'un état à trois qubits, il a fallu mesurer 27 bases de Pauli différentes, chacune avec 2100 exécutions. Au total, plus de 10^6 mesures ont été effectuées.
L'idée que l'espace-temps puisse être « tissé » d'intrication quantique fait écho au roman de Greg Egan « L'Échelle de Schild », où des physiciens découvrent que le vide possède une structure cachée, ainsi qu'au concept « It from Qubit » de John Wheeler, popularisé en science-fiction.