Contrairement aux caméras classiques, les caméras événementielles ne capturent que les instants où la lumière devient plus vive ou plus faible. Elles ne produisent pas de photos, mais émettent un flux incessant de ces scintillements. Les scientifiques ont transformé ce flux en une image nette de la Terre, en survolant celle-ci à bord d'un satellite. Chaque scintillement est comme une pièce de mosaïque ; ensemble, ils composent une image fixe. Pour éliminer le bruit, ils ont utilisé une astuce mathématique bien connue des astronomes : comme lors de la recherche d'planètes autour d'autres étoiles par la méthode du transit, où l'on capture aussi des fragments de lumière. Les tests avec un capteur à bord de l'ISS ont montré que la méthode reconstitue parfaitement les détails importants — nuages, îles, côtes. Les petites ondulations et le bruit sont écartés. Cela promet des caméras plus perçantes et plus rapides pour les robots et les voitures.
En une microseconde, la lumière parcourt seulement 300 mètres, et une caméra événementielle est capable de détecter un tel flash.
Assembler un tout à partir de fragments épars est une activité digne de l'océan Solaris, qui communiquait par fragments d'images.