Au centre de nombreuses galaxies se cachent non seulement des trous noirs supermassifs, mais aussi d'immenses nuages de matière invisible. Si cette matière est composée de particules ultra-légères, elle peut se rassembler en amas denses — une sorte d'« étoiles » de matière noire. Pour l'un des candidats, le champ de Proca (un champ vectoriel, semblable au champ électromagnétique mais massif), ces amas sont appelés étoiles de Proca.
Lorsqu'un petit corps, par exemple une étoile à neutrons, traverse une telle étoile de Proca, il est freiné — il perd de l'énergie, qui est émise sous forme d'ondes gravitationnelles. Un groupe de physiciens a calculé exactement combien d'énergie est perdue. Ils ont comparé deux cas : une étoile de Proca à symétrie sphérique et son état fondamental sans symétrie. Il s'avère que dans l'état fondamental, les pertes d'énergie sont presque identiques à celles d'amas similaires formés d'un champ scalaire (un autre candidat pour la matière noire). La différence ne dépasse pas 20%.
Cela signifie que les ondes gravitationnelles provenant de tels événements seront plus fortes, et que les futurs détecteurs pourront peut-être les entendre. Pour l'instant, les calculs ont été effectués dans un cadre newtonien simplifié, sans les effets de la relativité générale. Mais c'est précisément dans la version relativiste complète que les différences entre les étoiles de Proca et les amas scalaires devraient devenir plus marquées. Alors, grâce au signal, on pourra déterminer de quoi est réellement faite la matière noire — de particules vectorielles ou scalaires.
Les particules ultra-légères de matière noire peuvent être des milliards de fois plus légères que l'électron, mais se rassembler en amas de la taille d'une galaxie entière.
Dans le roman « Blindsight » de Peter Watts, la matière noire s'avère intelligente, mais ici elle se contente de se comprimer en étoiles que l'on peut entendre.