Lorsque deux noyaux atomiques se percutent, une minuscule boule de feu naît. Elle ne vit qu'un instant, mais en son sein se succèdent des époques entières : compression, échauffement, expansion. Les physiciens ont appris à écouter ce processus, et leur « micro » est constitué des paires d'électrons et de positons qui s'échappent de la boule à différents stades.
Dans ce nouveau travail, deux scénarios ont été confrontés. Dans le premier, la matière à l'intérieur de la boule se réorganise de manière douce — comme du beurre qui ramollit dans une poêle. Dans le second, elle change par à-coups, un peu comme la glace qui se transforme en eau. La transition brutale ajoute une émission précoce, tandis que la transition douce renforce la partie de basse énergie plus tard : la boule vit plus longtemps et s'auto-échauffe.
La différence est bien visible après une moyenne sur toute l'évolution. Aux faibles énergies du faisceau, les deux scénarios divergent comme les branches d'un arbre. Ainsi, en mesurant le flux de ces paires dans les accélérateurs, on pourra dire précisément ce qui est arrivé à la matière dans les premiers instants après l'impact.
Le positon est le jumeau de l'électron, mais avec une charge positive. Lorsqu'il rencontre un électron ordinaire, les deux disparaissent, se transformant en pure énergie.