
Une transition discontinue entre des états de la matière ou des systèmes, se produisant brusquement à un seuil spécifique.Une transition de phase du premier ordre est un changement soudain et discontinu de l'état d'un système à un seuil spécifique de température, de pression ou d'un autre paramètre externe. Contrairement aux transitions lisses et continues, les transitions du premier ordre impliquent un saut brusque dans des propriétés telles que la densité, l'entropie ou l'aimantation, accompagné de la libération ou de l'absorption de chaleur latente. Les exemples classiques incluent l'ébullition de l'eau, la fonte de la glace et l'apparition soudaine de la supraconductivité dans certains matériaux à leur température critique.
Le concept a été formalisé à la fin du XIXe siècle par Paul Ehrenfest, qui a classé les transitions de phase selon l'ordre de discontinuité des dérivées thermodynamiques. Le terme « premier ordre » fait référence à la première dérivée de l'énergie libre (par exemple, l'entropie ou le volume) qui est discontinue.
Lors d'une transition du premier ordre, le système passe par une phase mixte où coexistent des régions de l'ancien et du nouvel état. La transition se produit lorsque l'énergie libre de la nouvelle phase devient inférieure à celle de l'ancienne, mais une barrière empêche la conversion spontanée. Le système doit franchir cette barrière par nucléation : de petites fluctuations créent des germes de la nouvelle phase, qui se développent ensuite s'ils dépassent une taille critique. C'est pourquoi l'eau surfondue peut rester liquide en dessous du point de congélation jusqu'à ce qu'une perturbation déclenche une cristallisation rapide.
Les transitions du premier ordre sont exploitées dans les matériaux à changement de phase pour le stockage de chaleur, dans les alliages à mémoire de forme utilisés dans les actionneurs, et pour comprendre des processus géologiques comme la cristallisation du magma. Elles sous-tendent également le fonctionnement de nombreux interrupteurs thermiques et capteurs.
Lors d'une transition du premier ordre, le système peut présenter de l'hystérésis : la température de transition diffère selon que l'on chauffe ou que l'on refroidit, car le système reste « piégé » dans la phase métastable.






