Le sel de cuisine reste bien tranquille, mais à l'intérieur, les atomes de rubidium-87 se transforment de temps en temps en strontium et éjectent un électron. Ce processus — la désintégration bêta — est généralement étudié en plaçant un échantillon radioactif à côté d'un détecteur. Ici, on a procédé autrement : le rubidium radioactif a été incorporé directement dans le cristal, qui capture lui-même les électrons émis.
Ce cristal a été cultivé à partir d'un mélange fondu additionné de rubidium — un peu comme on fait pousser de grands cristaux de sel pour l'optique. L'électron, né à l'intérieur, atteint presque immédiatement la matière du détecteur et lui cède toute son énergie. Aucune perte en chemin entre la source et l'instrument. On obtient ainsi une source et un récepteur dans un seul morceau.
La forme du spectre des électrons — combien en sort avec chaque énergie — est sensible à la présence d'un neutrino lourd. Si, en plus des neutrinos légers ordinaires, il existe un neutrino stérile plus massif, il devrait laisser une cassure caractéristique sur le graphique. C'est cette cassure que l'on a cherchée dans le spectre mesuré.
C'est un peu comme écouter le bruit d'une foule : les voix individuelles se fondent, mais si une voix est plus forte que les autres, un pic notable apparaît dans le bourdonnement général. Ici, au lieu du son, c'est l'énergie des électrons, et au lieu d'une voix forte, c'est une particule supplémentaire.
Pour l'instant, aucune cassure n'a été trouvée, mais la méthode fonctionne. Le cristal de rubidium s'est révélé être un terrain pratique pour les recherches futures : pas besoin de manipuler une source externe, et la sensibilité peut être augmentée en agrandissant le cristal.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.14959v1
The third-forbidden non-unique beta-decay of $$^{87}$$Rb to $$^{87}$$Sr (Q$$_\beta = 282.275(6)$$ keV) has long served as an important benchmark for understanding forbidden beta-decay. To investigate this, we have developed a novel CsI scintillator with a 10 mol% Rb concentration using the Bridgman method. The incorporated $$^{87}$$Rb serves as an intrinsic radioactive source, enabling a source-in-detector configuration with high detection efficiency and minimal energy loss for low-energy electrons from beta-decay. We investigated both Rb doped and Tl co-doped CsI crystals and characterized their scintillation properties, including light yield, energy resolution, and non-linear response. We report distinct scintillation characteristics for the CsI:Rb and CsI:Tl,Rb crystals, with light yields of $$1.38\pm0.01$$ and $$4.73\pm0.13$$ PE/keV, respectively. Using the measured $$^{87}$$Rb beta-spectrum, we search for a keV-scale sterile neutrino admixture through the characteristic kink-like distortion induced by a heavy neutrino mass eigenstate. This study provides a basis for future sterile neutrino searches using rubidium doped CsI crystal.
Le rubidium doit son nom à la couleur de ses raies rouges vives dans son spectre — du latin rubidus, « rouge sombre ». Ces raies sont visibles même avec un simple spectroscope et ont aidé à découvrir l'élément en 1861.