Une batterie ordinaire libère la chaleur de manière régulière : elle restitue ce qu'elle a accumulé. La puissance est fixée une fois pour toutes — comme un robinet dont l'eau coule en un seul jet. Mais parfois, on n'a pas besoin d'un flux régulier, mais d'une brève et puissante décharge : chauffer instantanément une pièce, déclencher une réaction, évacuer un excès de chaleur.
Les scientifiques ont assemblé un dispositif composé de deux tubes dans lesquels circulent des flux d'eau en sens inverse — l'un chaud, l'autre froid. En mode normal, la chaleur passe du tube chaud au tube froid progressivement, comme le sucre se dissout dans le thé. Mais si l'on modifie brusquement la vitesse des flux, l'équilibre est rompu et la chaleur s'accumule en un point, comme l'eau derrière un barrage. Puis le barrage s'ouvre — et une puissante impulsion thermique jaillit.
Cette « vanne thermique » fonctionne selon un principe bien connu en optique et en électronique : là-bas, on sait depuis longtemps accumuler l'énergie et la libérer par impulsions. Désormais, ce tour est accessible pour la chaleur. Cela ouvre la voie à des systèmes compacts capables de délivrer des chocs thermiques brefs mais très puissants — sans accumulateurs encombrants.
La puissance de crête d'une impulsion thermique peut être 40 fois supérieure au flux continu — comme si une bouilloire portait l'eau à ébullition en une seconde au lieu d'une minute.