Ce travail se situe à l'intersection de la supraconductivité et du magnétisme, où existent déjà des études sur le dôme supraconducteur sous pression, les mystères des deux gaps, l'influence de l'oxygène et les danses magnétiques dans les cristaux. Contrairement aux travaux voisins, où les contacts ferromagnétiques étaient principalement intégrés dans des hétérostructures planaires, ici, pour la première fois, ils ont été connectés au gaz d'électrons bidimensionnel enterré d'une interface d'oxyde supraconductrice via une géométrie latérale sur une micro-membrane libre. Cela résout un problème de longue date d'accès à l'interface cachée et ouvre la possibilité d'étudier l'injection de spin dans l'état supraconducteur.
Les micro-membranes de LaAlO3/SrTiO3 ont été obtenues par clivage induit par contrainte, puis transférées sur un substrat de silicium avec oxyde. Les contacts en nickel ont été déposés sous angle à travers une résine avec sous-couche, afin d'assurer un contact électrique avec le gaz bidimensionnel sur la paroi latérale de la membrane. Les mesures ont été effectuées dans un réfrigérateur à dilution à 30 mK, enregistrant la résistance différentielle lors de balayages du champ magnétique externe dans différentes directions. Une modélisation par éléments finis sous COMSOL a permis de calculer le champ de fuite moyen des contacts et de le relier à l'aimantation.
Les trois dispositifs ont montré une transition supraconductrice entre 100 et 200 mK. Lors du balayage du champ perpendiculaire, la résistance présentait un minimum non pas à zéro, mais à ±45 mT, interprété comme une compensation du champ par les contacts aimantés. L'hystérésis dépendait de la direction du balayage, et pour un même champ, on pouvait obtenir soit l'état supraconducteur, soit l'état normal, selon l'historique magnétique. Le courant critique sous champ dans le plan s'est avéré environ cinq fois plus grand que sous champ perpendiculaire, en raison du champ de fuite plus faible. Un modèle de champ effectif avec un coefficient α = 1.69×10⁻⁷ H/m a permis de reconstruire la boucle d'aimantation des contacts à partir des mesures de transport.
La principale différence par rapport aux travaux voisins est qu'ici la supraconductivité et le ferromagnétisme coexistent dans une même micro-membrane d'oxyde avec un contact latéral, et non dans une hétérostructure planaire. C'est la première démonstration que l'état magnétique des contacts en nickel peut être utilisé comme un bouton pour ajuster la réponse supraconductrice dans LaAlO3/SrTiO3. La sensibilité de l'état supraconducteur à l'historique magnétique transforme le dispositif en magnétomètre interne pour les contacts.
Les développements futurs pourraient suivre la voie d'un contrôle indépendant de l'aimantation des deux contacts, afin d'obtenir une jonction ferromagnétique-supraconducteur-ferromagnétique et de tester la supraconductivité triplet de spin. La réduction de la longueur du canal supraconducteur en dessous de la longueur de précession de spin permettrait d'étudier directement l'injection de spin. Le contrôle électrostatique par grille, démontré dans les matériaux supplémentaires, ajouterait la possibilité d'ajuster l'interaction spin-orbite de Rashba.
Ces résultats influenceront le développement de mémoires supraconductrices et de dispositifs logiques où le courant critique est contrôlé par l'état magnétique d'un ferromagnétique voisin. La plateforme est également utile pour étudier les effets fondamentaux à l'interface entre supraconductivité et magnétisme dans les systèmes d'oxydes.
Fabriquer des dispositifs avec deux contacts ferromagnétiques commutables indépendamment et un canal supraconducteur court. Effectuer des mesures avec aimantations parallèles et antiparallèles afin d'isoler la contribution des paires de Cooper triplets.
Ce travail aborde directement le problème non résolu de la coexistence de la supraconductivité et du magnétisme dans les interfaces d'oxydes, ainsi que la question des mécanismes d'injection de spin dans un supraconducteur avec un fort couplage spin-orbite. Il propose une plateforme expérimentale pour tester les théories de la supraconductivité triplet et de la relaxation de spin dans le gaz d'électrons bidimensionnel.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Dans ce travail, des micromembranes supraconductrices LaAlO3/SrTiO3 ont été fabriquées avec des contacts ferromagnétiques en nickel via une géométrie latérale. Les mesures effectuées à 30 mK ont montré la persistance de la supraconductivité, une hystérésis de la résistance lors du balayage du champ magnétique et un déplacement du minimum de résistance dû au champ de fuite des contacts. À partir des données de transport, la boucle d'aimantation des contacts a été reconstituée.
Où est sa force
Pour la première fois, il a été possible de connecter des contacts ferromagnétiques au gaz d'électrons bidimensionnel enterré d'une interface oxyde supraconductrice sur une micromembrane libre, résolvant ainsi le problème d'accès à l'interface cachée. La sensibilité de l'état supraconducteur à l'historique magnétique transforme le dispositif en magnétomètre interne.
Vers où avancer
À essayer
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est vide autour de ce travail : l'analyse la plus proche n'est qu'à 0.54, contre 0,64 d'ordinaire. Il semble qu'on ait peu foré à côté.
Le champ de compensation de ±45 mT correspond à une aimantation du nickel d'environ 2.5×10⁵ A/m, ce qui est proche de la saturation des films minces de nickel. Cela signifie qu'à ce champ, les contacts sont encore complètement aimantés, et leur champ de fuite peut être précisément compensé par le champ externe.