Aujourd'hui, les meilleurs calculateurs quantiques utilisent des circuits supraconducteurs qui fonctionnent avec des micro-ondes. Pour communiquer à distance, il faut des photons optiques (particules de lumière) dans la fibre optique. Pour réconcilier ces ondes, on utilise un traducteur quantique basé sur l'effet électro-optique : un laser dans une cavité microscopique couple les micro-ondes et la lumière, transférant l'information quantique sans la lire. Mais un qubit stocke une superposition d'états, et toute mesure provoque l'effondrement de la fonction d'onde — une destruction irréversible, comme une bulle de savon qui éclate.
Ce pont, c'est l'intrication quantique — cette étrange connexion où deux particules se comportent comme un seul système, quelle que soit la distance. En créant cette intrication entre les nœuds, on peut téléporter des données avec des exigences techniques bien moindres. Ce qui compte, c'est l'efficacité de conversion et l'entropie (la pureté de l'état). Rebondissement inattendu : même une efficacité médiocre produit une intrication exploitable, alors que la transmission directe exige des dispositifs presque parfaits, qui souffrent de la décohérence quantique — la destruction des propriétés quantiques par le bruit. Le concept de téléportation a été développé par Charles Bennett, et les expériences pionnières sur l'intrication ont été réalisées par Alain Aspect et Anton Zeilinger.
La différence de fréquence entre les micro-ondes et la lumière est d'environ cent mille fois. C'est comme si une même guitare jouait à la fois la basse la plus grave et un ultrason inaudible.
Dans la série « Star Trek », la téléportation est monnaie courante. Le pont quantique, bien sûr, ne transporte pas des personnes, mais il « téléporte » déjà les propriétés des particules, rapprochant un réseau quantique mondial.