Un minuscule cristal de six atomes de baryum chargés se comporte comme un jouet à bascule : il peut se figer dans l'une de ses deux formes. En observant la luminescence des ions (photométrie), les scientifiques savaient exactement quelle forme avait pris le cristal. En déformant doucement le piège — comme on comprime ou on étire un bracelet — ils ont fait basculer les ions entre les deux états. Au point critique, les deux formes coexistent et les basculements deviennent aléatoires, comme les vibrations d'un ressort. En comptant la fréquence des sauts, les chercheurs ont mesuré la température : plus les ions sont chauds, plus ils « cliquent » vite, car le désordre augmente. Le point culminant : un refroidissement rapide du piège, qui a figé les ions en plein basculement. C'est la première fois qu'on capture un état intermédiaire et qu'on observe le cristal se détendre. Cette astuce donne aux scientifiques des « molécules ioniques » commutables pour des simulations quantiques.
La qualité de l'essence dépend de la forme des molécules : sur les 18 isomères de l'octane, certains brûlent en douceur, d'autres provoquent une détonation. Le moteur ressent littéralement la différence entre les arrangements atomiques.