Un paysage d'énergie potentielle avec deux minima locaux séparés par une barrière.Un potentiel à double puits est un paysage d'énergie potentielle présentant deux minima locaux distincts séparés par une barrière. Imaginez une balle roulant sur une surface en forme de « W » : la balle peut se loger dans l'un ou l'autre des deux creux, mais pour passer de l'un à l'autre, elle doit franchir la colline centrale. En physique, cette forme simple apparaît chaque fois qu'un système possède deux configurations stables, comme une molécule qui peut se plier dans deux directions, une particule dans un cristal qui peut occuper deux sites adjacents du réseau, ou un bit magnétique qui peut pointer vers le haut ou vers le bas.
Le concept a émergé au début du XXe siècle dans le contexte des réactions chimiques et des vibrations moléculaires, notamment dans les travaux sur l'inversion de l'ammoniac par Hund, puis dans la théorie de l'effet tunnel. Il est devenu une pierre angulaire de la mécanique quantique et de la physique statistique, bien que le terme spécifique de « double puits » ait été popularisé plus tard.
La dynamique du système est régie par la hauteur de la barrière par rapport à l'énergie disponible. Si la particule a moins d'énergie que la barrière, elle reste piégée dans un puits, mais la mécanique quantique lui permet de traverser la barrière par effet tunnel, même sans énergie suffisante. À température finie, les fluctuations thermiques peuvent également faire franchir la barrière à la particule. Le taux de transition entre les puits dépend exponentiellement de la hauteur de la barrière, ce qui fait du double puits un modèle classique de métastabilité et de désintégration.
Les potentiels à double puits sont utilisés pour modéliser les qubits dans les circuits supraconducteurs, où les deux puits représentent les états 0 et 1, ainsi que pour décrire l'inversion des molécules d'ammoniac dans les horloges atomiques.
Le potentiel à double puits de la molécule d'ammoniac est si symétrique que son taux d'effet tunnel sert de base à la première horloge atomique, le maser à ammoniac.

