Une paire d'étoiles orbitant sur des trajectoires allongées agit comme un noyau géant, et le nuage de matière noire qui les entoure joue le rôle du nuage électronique dans une molécule. Cette « molécule gravitationnelle » s'étend sur des milliards de kilomètres, soit plus que la distance du Soleil à Pluton. Sa taille est déterminée par un analogue du rayon de Niels Bohr, bien connu dans l'atome d'hydrogène.
Le mouvement des étoiles secoue ce nuage, en arrachant des particules — un processus semblable à l'ionisation d'un atome. En raison de la perte de particules, l'orbite de la paire s'arrondit progressivement : l'ellipse devient un cercle. Fait remarquable, aux premiers stades, cet effet peut surpasser l'émission d'ondes gravitationnelles, laissant une cassure caractéristique dans leur fond.
Le rayon d'une telle « molécule gravitationnelle » peut dépasser la distance du Soleil à Pluton, alors même que la notion de rayon vient du monde microscopique.