Quand la lumière d'une étoile traverse l'atmosphère d'une planète, elle est comme tamisée : chaque gaz filtre certaines couleurs. En captant ces fuites, le télescope James Webb identifie la composition chimique, tel un dégustateur qui reconnaît les ingrédients d'un plat à son arôme. Cette méthode de spectroscopie de transit a été utilisée pour la première fois par David Charbonneau.
L'exoplanète HAT-P-26 b s'est révélée être une véritable cuisine cosmique. Dans son air, James Webb a trouvé de l'eau et du dioxyde de carbone, mais l'ingrédient principal est le dioxyde de soufre — celui-là même qui donne aux allumettes brûlées leur odeur caractéristique. Auparavant, le SO₂ n'était « cuisiné » que dans les fournaises infernales des Jupiters chauds ou des sub-Neptunes froides ; désormais, on le trouve pour la première fois dans une chaleur modérée. Cela signifie que l'ultraviolet de l'étoile s'active dans la cuisine des planètes dont la température est inférieure à 1000 °C.
Rebondissement surprenant : la quantité de gaz sulfureux suit une recette stricte — plus la métallicité (teneur en éléments lourds) est élevée, plus il y a de SO₂, mais seulement jusqu'à 30 fois la valeur solaire ; ensuite, le feu s'éteint presque. Les théoriciens avaient prédit ce bouillon saturé.
Les astronomes appellent « métaux » tous les éléments plus lourds que l'hydrogène et l'hélium ; ainsi, le carbone, l'oxygène et le soufre sont aussi des métaux pour eux.
Dans la série « The Expanse », les héros scrutent les atmosphères de planètes lointaines à la recherche de signes de vie ; aujourd'hui, ce genre de diagnostic est devenu réalité pour des dizaines de mondes.