Deux particules peuvent devenir liées de telle sorte qu'une impulsion sur l'une se répercute instantanément sur l'autre, même si elles sont séparées par des galaxies.
Les physiciens se sont demandé : la gravité elle-même, simple attraction mutuelle, peut-elle créer un tel lien ? Les expérimentateurs prévoient de rapprocher deux diamants microscopiques et de vérifier s'ils s'intriquent sans intermédiaire.
Mais les calculs montrent que la gravité classique est sourde aux effets quantiques. Les auteurs ont utilisé une théorie qui combine l'attraction newtonienne avec la courbure de l'espace-temps et ont constaté que la gravité seule ne suffit pas à générer l'intrication. C'est comme un chef d'orchestre sourd qui tente de diriger un orchestre : impossible d'obtenir la synchronisation sans un souffleur caché.
Auparavant, les scientifiques espéraient qu'en capturant l'intrication, ils prouveraient la nature quantique de la gravité. Désormais, il est clair que si l'intrication se produit, c'est que quelqu'un d'autre est intervenu. Peut-être des particules de matière noire ou des champs inconnus. L'expérience devient une chasse non pas à la gravité quantique, mais à quelque chose de plus mystérieux.
L'intrication est si puissante que mesurer une particule dans une galaxie influence théoriquement instantanément son partenaire dans une autre – plus vite que la vitesse de la lumière. Mais on ne peut pas transmettre d'information de cette manière, cela contredirait la relativité.
Dans le roman de Carl Sagan « Contact », les voyageurs utilisent les ondes gravitationnelles pour communiquer à travers des trous de ver. Ici, la gravité devient elle-même un terrain d'essai pour la réalité quantique, brouillant la frontière entre fiction et science.