Chauffez une montre à quartz ordinaire de dix degrés et elle se mettra à dériver de plusieurs secondes par jour. Les horloges atomiques sont plus précises, mais elles occupent toute une armoire. Un diamant avec un minuscule défaut — la lacune d'azote — promet la précision d'une horloge atomique dans le volume d'un grain de sable. Un seul problème : ce défaut est très sensible à la chaleur, comme un diapason qui change de ton selon la température de l'air.
Dans ces nouveaux travaux, le défaut a été amené à chanter sur deux voix à la fois. Une voix est électronique et dépend fortement de la chaleur. L'autre est nucléaire et ne remarque presque pas la chaleur. En mesurant les deux et en soustrayant l'une de l'autre, l'erreur thermique est réduite d'un facteur deux cents. Cette astuce rappelle la façon dont les marins d'autrefois déterminaient la longitude : ils comparaient l'heure locale avec celle du port, et la différence donnait la position exacte.
Une horloge faite de ce diamant a été testée pendant dix jours consécutifs à température ambiante, en la comparant à une horloge atomique au rubidium. La stabilité de la marche s'est révélée meilleure que celle de toute autre horloge à l'état solide de cette taille. Et désormais, le principal ennemi de la précision n'est plus la température, mais les champs magnétiques faibles et les fluctuations de puissance du laser.
Ces horloges en diamant ne remplaceront pas les grands étalons atomiques, mais elles pourraient trouver leur place dans les smartphones, les drones et les satellites, où la taille et la robustesse comptent. Un petit diamant qui ne craint pas la chaleur, c'est un pas vers un temps ultra-précis toujours à portée de main.
La lacune d'azote dans le diamant est si sensible qu'elle peut détecter le champ magnétique d'un électron unique à des dizaines de nanomètres de distance.