Deux planètes autour de l'étoile TOI-4495 exécutent une valse hésitante : pendant que la planète interne boucle deux tours, l'externe n'en fait qu'un. Mais le rythme est rompu — la planète interne tantôt accélère, tantôt ralentit, comme une partenaire qui trébuche dans ses pas.
En utilisant la méthode du transit — l'observation du moment où les planètes atténuent brièvement la lumière de leur étoile — les astronomes ont pesé ces mondes. L'idée revient à William Borucki. La planète interne pèse l'équivalent de 7,7 Terres, l'externe, de 23. Toutes deux sont enveloppées d'épaisses couches de gaz, et leurs orbites sont presque dans le plan de l'équateur de l'étoile — une synchronisation rare.
La cause du dérèglement est probablement à chercher dans le passé : une collision avec des essaims de comètes a pu faire sortir le système de sa résonance idéale. Aujourd'hui, les planètes sont en équilibre sur le fil du rasoir, et la moindre impulsion pourrait les amener à échanger de l'énergie, amplifiant le chaos.
La résonance orbitale 2:1 existe aussi dans le Système solaire : les lunes de Jupiter, Io et Europe, suivent le même rythme, mais sans accroc.