Créer de la lumière avec un nombre exact de photons, c'est comme frapper exactement 100 000 pièces sans défaut. Jusqu'ici, les physiciens ne contrôlaient que des dizaines de particules. La technologie du « tour optique » brise cette barrière : les lentilles virtuelles, comme des fraises dans une machine-outil, éliminent le « flou » et garantissent que chaque paquet contient exactement le nombre de photons voulu. La photométrie devient parfaite. Le secret réside dans le fait que les mathématiques de la lumière dans les lentilles et celles du comptage des photons sont jumelles. Cela a permis d'emprunter des techniques de spectroscopie et de minimiser le désordre. Plus on veut produire de photons, plus la « machine » tourne vite : 100 000 particules sont créées presque trois fois plus rapidement que 10 000 — la nature aide à faire évoluer la précision. Ces énormes paquets « de Fock » sont un pont entre le monde quantique et le monde familier. Ils seront utiles pour les détecteurs d'ondes gravitationnelles et pour protéger les ordinateurs quantiques contre les pannes. Les rêves des pionniers — Roy Glauber et Serge Haroche — deviennent une réalité d'ingénieur.
Une ampoule à incandescence émet 10²⁰ photons chaotiques par seconde ; la nouvelle méthode, elle, ressemble à une colonne de soldats impeccable, où chacun compte.