Au cœur de presque toutes les galaxies se cachent des trous noirs — des géants invisibles. Quand deux galaxies entrent en collision, leurs trous noirs se retrouvent en couple, condamnés à danser l'un autour de l'autre. Mais pour fusionner, ils doivent se rapprocher d'une distance énorme à quelques kilomètres à peine, provoquant au dernier instant une onde de choc d'ondes gravitationnelles. Les étoiles, telles une foule d'invités à un bal, poussent le couple par leurs attractions, mais la salle se vide rapidement : les étoiles sont rares au centre, et la danse s'arrête. Tout se joue avec le gaz — comme une musique invisible qui remplit la salle. Il frotte contre les trous noirs, leur soutirant de l'énergie et les rapprochant plus vite. Les simulations montrent que sans ce frottement gazeux, même les estimations les plus optimistes des poussées stellaires n'expliquent pas le bourdonnement gravitationnel que captent nos instruments. Et voici la surprise : ce même gaz, en accélérant la fusion, s'échauffe à des milliards de degrés et brille plus fort que toutes les étoiles de la galaxie réunies. Ainsi, nous pouvons voir ces couples dans nos télescopes comme deux cœurs ardents avant même qu'ils ne fusionnent en un seul.
Les trous noirs supermassifs peuvent être des milliards de fois plus lourds que le Soleil, mais lors de leur fusion, ils génèrent des ondes gravitationnelles avec des périodes de plusieurs années — ce « bourdonnement » est capté en synchronisant le rythme des pulsars à travers la Galaxie, qui devient elle-même une antenne géante.