À l'intérieur du réfrigérateur qui refroidit la matière presque jusqu'au zéro absolu bat un cœur mécanique : le tube à pulsation. Il pompe le gaz et évacue la chaleur, mais avec le froid, il apporte des vibrations. Chaque battement de ce cœur secoue les instruments placés près de l'échantillon et gâche les mesures délicates. Auparavant, on ne pouvait remarquer ces vibrations que de l'extérieur, tandis qu'à l'intérieur, à huit millièmes de degré au-dessus de zéro, les capteurs refusaient de fonctionner.
Désormais, on a installé dans le réfrigérateur des accéléromètres ordinaires de série, semblables à ceux qui comptent les pas dans un téléphone ou qui se déclenchent lors d'un choc dans une voiture. On ne les a ni sélectionnés spécialement, ni modifiés. On les a simplement fixés sur l'étage le plus froid et on les a allumés. Les capteurs se sont réveillés et ont montré que le tube à pulsation fait trembler l'installation avec une fréquence d'environ un hertz, avec une amplitude de fractions de micromètre. C'est comme si un verre d'eau posé sur le sol frémissait imperceptiblement une fois par seconde, mais pour une puce quantique ou un détecteur de matière noire, une telle vibration est un tremblement de terre.
L'intérêt principal n'est pas que les capteurs aient survécu au froid. Ils permettent de voir les vibrations en continu, directement pendant l'expérience. Si la vibration s'intensifie, on le voit immédiatement, et non après que les données sont corrompues. On peut activer le nettoyage du signal à la volée, comme la réduction de bruit dans un casque : soustraire les vibrations du signal utile et ne garder que ce que l'instrument a réellement mesuré. Pour les laboratoires qui traquent des événements rares, comme la collision d'une particule de matière noire avec un cristal, une telle surveillance constante du silence pourrait devenir aussi courante qu'un détecteur de fumée dans un appartement.
Ainsi, le froid cesse d'être une zone aveugle. Autrefois, les scientifiques savaient que le réfrigérateur vibrait, mais ils ne voyaient pas comment. Maintenant, ils ont des yeux à l'intérieur du point le plus froid de l'installation, et ces yeux sont faits de pièces ordinaires que l'on peut acheter dans un magasin d'électronique.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.08817
This article presents an evaluation of off-the-shelf commercial accelerometers at the mixing chamber stage of a cryogen-free dilution refrigerator at temperatures down to 8 mK. In addition, we present results of radioassay of accelerometers using a high purity germanium detector counting setup. Cryogen-free dilution refrigerators using pulse-tube cryocoolers (PTs) -- due to recent advances in their cooling capacity, long-term stability, and operational costs -- have become ubiquitous tools in a wide range of fields ranging from experimental particle physics to quantum information sciences. However, vibrations induced by PTs can negatively impact the experimental payload in these applications. This work demonstrates that commercially available accelerometers can not only measure vibrations at millikelvin cryogenic temperatures but also pave the way for continuous, in situ, real-time vibration monitoring of dry dilution refrigerators. This monitoring capability facilitates applications such as real-time denoising for vibration-sensitive experiments, thereby enabling ongoing noise assessment and mitigation.
Une température de 8 millikelvins est cent millions de fois plus froide que la température ambiante. À une telle température, même les aimants supraconducteurs fonctionnent dans un régime particulier, et l'hélium liquide aurait gelé depuis longtemps ; c'est pourquoi les nouveaux réfrigérateurs n'en contiennent pas du tout.