Deux plaques métalliques dans un vide total s'attirent. Richard Feynman comparait déjà le vide à une écume bouillonnante : des paires de particules naissent et disparaissent aussitôt, créant l'effet Casimir. Si les plaques sont asymétriques, elles se mettent aussi à tourner — c'est le moteur à vide.
Mais pour tourner, pas besoin de pièces courbes. En suivant les équations de James Clerk Maxwell, les physiciens ont découvert que dans les altermagnets — des aimants spéciaux à aimantation ondulée — un champ magnétique perpendiculaire brise la symétrie temporelle. Le vide répond par un couple qui croît comme le carré du champ.
Quand la température monte, le bruit thermique (entropie) affaiblit la rotation. Le plus surprenant : les mêmes fluctuations quantiques qui font tourner les nanoparticules sont soupçonnées d'accélérer l'expansion de l'Univers — c'est l'énergie noire. Les ingénieurs espèrent créer des nanomoteurs sans contact, car dans les micromachines, l'effet Casimir ordinaire, lui, colle les pièces.
L'effet Casimir a été calculé par le physicien néerlandais Hendrik Casimir dès 1948, mais il n'a pu être confirmé expérimentalement qu'en 1996–1997 grâce à des mesures d'une extrême précision.
Dans le roman de science-fiction d'Arthur C. Clarke, « Les Fontaines du paradis », des ingénieurs construisent un ascenseur spatial. Peut-être qu'un jour, les nanomoteurs à effet Casimir feront partie de telles structures.