Un quasar est un trou noir supermassif au centre d'une galaxie, qui dévore la matière et brille plus intensément que toutes les étoiles environnantes. Une partie de l'énergie est émise sous forme de rayonnement radio, et l'on pensait que celui-ci pouvait chauffer ou éjecter le gaz froid — la matière première des nouvelles étoiles. Des astronomes ont voulu vérifier comment la puissance de l'émission radio est liée aux réserves de ce gaz.
Ils ont constitué un échantillon de quasars situés à environ neuf milliards d'années-lumière, dont on peut observer l'émission thermique de la poussière — ce qui permet d'estimer la masse totale de gaz. Ils les ont ensuite répartis en trois groupes : ceux avec une émission radio forte, ceux avec une émission faible mais détectable, et ceux sans aucun signal radio. La comparaison a révélé une surprise : les quasars à faible émission radio contiennent en moyenne deux fois moins de poussière et de gaz que les autres, alors qu'ils ne diffèrent ni par la masse du trou noir, ni par la luminosité, ni par le taux de formation d'étoiles.
De plus, dans les spectres optiques de ces quasars « silencieux », on observe plus souvent des flux rapides de gaz ionisé s'échappant du centre. Cela suggère un lien : l'émission radio modérée accélère le gaz et le repousse hors de la galaxie. Il semble donc que pour stopper la formation d'étoiles, ce n'est pas le volume qui compte, mais la constance et le réglage précis.
Pourquoi une faible émission radio agit-elle plus fortement qu'une émission puissante ? C'est encore une énigme. Peut-être que les jets puissants traversent le gaz sans le perturber, tandis que les jets faibles mélangent et chauffent tout autour. Pour le comprendre, il faudra des observations à plus haute résolution — on verra alors comment les ondes radio faibles interagissent avec le gaz des galaxies.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.17951
The energy released by active galactic nuclei (AGNs) is considered to have a profound impact on the cold gas properties of their host galaxies, potentially heating or removing the gas and further suppressing star formation. To understand the feedback from AGN radio activity, we investigate its impacts on the cold gas reservoirs in AGNs with different radio activity levels. We construct a quasar sample with a mean $$z\sim1.5$$ and a mean $$L_{\rm bol}\sim10^{45.8}\ \rm erg\ s^{-1}$$, all with Herschel detections to enable estimates of the total gas mass through the galactic dust continuum emission. The sample is then cross-matched with radio catalogs and divided into radio loud (RL) quasars, radio-detected radio quiet (RQ) quasars and radio-undetected quasars based on their radio loudness. Through spectral energy distribution (SED) fitting, we find the radio-detected RQ quasars exhibit evidence of gas deficiency with host galaxies possessing $$\sim 0.3$$ dex lower dust and gas masses compared to the other two groups, despite being matched in $$M_{\rm BH}$$, $$L_{\rm bol}$$, $$M_{*}$$ and SFR. Furthermore, evidence from optical spectra shows that both the fraction and velocity of outflows are higher in the radio-detected RQ group, suggesting a connection between the ionized gas outflows and the moderate radio activity. These results suggest that the AGN feedback could be more efficient in AGNs with weak/moderate radio emission than in those without radio detection or those with strong radio emission. Further high-resolution observations are needed to understand the interaction between the interstellar medium and the weak/moderate AGN radio activity.
Les quasars sont si brillants qu'un seul de ces objets peut briller comme des centaines de milliards d'étoiles réunies, tout en occupant une région de la taille de notre système solaire.
Dans le roman « La Grande Porte » de Frederik Pohl, les héros voyagent à bord de vaisseaux laissés par une ancienne civilisation qui utilisait peut-être l'énergie des noyaux actifs de galaxies — précisément ces quasars.