Une caméra thermique classique ressemble à un thermomètre qui chauffe et refroidit lentement. Elle montre bien où se trouve la chaleur, mais ne suit pas les mouvements rapides. Le nouveau capteur fonctionne autrement : il compte les quanta de chaleur individuels, comme un compteur de gouttes pendant une averse.
À l'intérieur du capteur se trouve une fine couche qui modifie ses propriétés magnétiques lorsqu'elle reçoit de la lumière infrarouge. Ces changements se produisent de manière aléatoire et par à-coups. Chaque à-coup est un événement, un « impact de goutte ». Le capteur n'attend pas que tout le matériau chauffe, mais enregistre immédiatement chaque à-coup.
Cette approche ne nécessite pas l'encombrant refroidissement à l'azote liquide dont ont besoin de nombreuses caméras infrarouges. Le capteur fonctionne à température ordinaire et ne dépense que 0,2 microwatt par pixel — moins qu'une LED de téléviseur.
La chaleur peut désormais être vue comme un flux d'événements rapides, et non comme une image floue. Cela ouvre la voie à des caméras thermiques compactes et économiques pour les drones, les robots et les systèmes de sécurité.
Le capteur détecte la chaleur en comptant les sauts magnétiques aléatoires — un peu comme un compteur Geiger compte les particules radioactives.