Le Soleil ne fait pas que briller : il émet en continu des flux de particules minuscules, les neutrinos. Ils naissent dans les réactions de fusion nucléaire au cœur et traversent l'étoile presque sans entrave. Mais à l'intérieur du Soleil, il existe des champs magnétiques qui peuvent influencer ces particules, comme des couloirs invisibles qui dévient légèrement leur trajectoire.
Dans ce nouveau travail, les physiciens ont calculé comment le champ magnétique du Soleil modifie le comportement des neutrinos de différentes énergies. Il s'avère que pour les neutrinos d'environ 10 MeV (typiques des réactions solaires), la conversion résonante ne se produit qu'au centre même — à une distance inférieure au cinquième du rayon solaire. En revanche, pour les neutrinos issus de puissantes éruptions solaires, avec des énergies supérieures à 1 GeV, la résonance se déplace vers les couches externes, où les champs magnétiques atteignent 50 kilogauss — soit des milliers de fois plus intenses que le champ terrestre. Là, les particules changent activement de type.
Les auteurs ont montré que cette conversion affecte la diffusion des neutrinos sur les électrons et les noyaux atomiques. Si l'on parvient à enregistrer une différence dans les signaux des neutrinos de différentes énergies, on pourra déterminer si les neutrinos sont des particules de Dirac (comme les électrons) ou de Majorana (la particule est sa propre antiparticule). C'est l'une des questions clés de la physique des particules élémentaires. Même si le signal n'est pas trouvé, la méthode permettra d'améliorer la limite sur le moment magnétique du neutrino d'un facteur 10 par rapport aux expériences actuelles.
Le Soleil s'avère être non seulement une source de lumière et de chaleur, mais aussi un laboratoire naturel où les champs magnétiques aident à distinguer les propriétés fondamentales des particules.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.05149
Resonant Spin-Flavor Precession (RSFP) of solar neutrinos is studied using the quantum density matrix formalism, explicitly taking into account collisional decoherence and solar matter density profiles. The transition probabilities for standard $$^8$$B solar neutrinos ($$E \approx 10$$ MeV) and ultra-high-energy flare neutrinos ($$E \gtrsim 1$$ GeV) under three magnetic field hypotheses: core-concentrated (Wood-Saxon), tachocline-confined (Gaussian), and turbulent convective (Power Law) are compared. For standard LMA parameters, we show the resonance for 10 MeV neutrinos is strictly confined to the deep solar core ($$r < 0.2 R_\odot$$), rendering standard solar neutrinos insensitive to outer magnetic fields. Conversely, for 1 GeV flare neutrinos, the resonance shifts to the tachocline and convective zones, where strong fields ($$B \sim 50$$ kG) drive efficient spin conversion. We apply this effect to compute the difference between Dirac or Majorana neutrino scattering cross section as electron-neutrino scattering and Coherent Elastic Neutrino-Nucleus Scattering (CE$$ u$$NS). We show that significant asymmetry in these cross section are possible allowing in case of detection to distinguish between Dirac or Majorana neutrinos. In case of null observation, we show that this method can potentially improved the limit on the neutrino magnetic moment by one order to magnitude compared to current limits.
Les neutrinos interagissent si faiblement avec la matière qu'ils peuvent traverser une couche de plomb d'une épaisseur d'une année-lumière sans heurter un seul noyau.
Dans le roman de Stanisław Lem « Solaris », l'océan de la planète influence les visiteurs en modifiant leur perception de la réalité — un peu comme le champ magnétique du Soleil modifie imperceptiblement la nature des neutrinos qui le traversent.