La jeune planète AU Mic b a été surprise en train de se cacher derrière son étoile. Le télescope Spitzer a suivi la lueur infrarouge : lorsque la planète a disparu, la lumière totale du système a légèrement diminué. La différence n'était que de 171 parties par million — comme une goutte d'encre dans dix seaux d'eau. Mais cela a suffi pour mesurer la température du côté diurne de ce monde lointain.
Il s'avère que la planète est chauffée à 1031 kelvins (environ 758 °C). Pour comparaison : si elle n'était chauffée que par le rayonnement de son étoile, sa température serait d'environ 606 kelvins. La différence est comparable à celle entre un thé chaud et une poêle brûlante. La planète reçoit clairement de la chaleur supplémentaire, mais d'où vient-elle ? C'est une énigme.
Les scientifiques ont examiné plusieurs explications : peut-être que la chaleur est mal répartie sur la planète, ou qu'elle se contracte sous sa propre gravité et se réchauffe ainsi, ou que les pulsations de l'étoile sont en cause, ou même des erreurs d'instrument. Aucune ne convient. Il ne reste qu'à attendre de nouvelles observations avec le télescope James Webb, qui pourra scruter l'atmosphère de cette planète et peut-être trouver la source de cette chaleur mystérieuse.
La température du côté diurne d'AU Mic b est plus élevée que celle de certaines étoiles — les naines rouges, qui ne font que rougeoyer dans l'espace.
Dans le roman « Le Problème à trois corps », une planète du système à trois soleils subit des variations de température chaotiques — AU Mic b réserve aussi des surprises, mais reste pour l'instant stablement chaude.