On peut peigner la lumière, comme on peigne des cheveux. Au lieu des cheveux, ce sont des fréquences ; au lieu du peigne, c'est un laser. On obtient un peigne composé de milliers de « dents » de fréquences régulières. Un tel peigne de lumière aide à étudier les molécules et à mesurer le temps avec une précision de l'ordre de la quadrillionième de seconde.
Le problème, c'est que dans le domaine térahertz (entre les micro-ondes et la lumière infrarouge), il est très difficile de fabriquer un tel peigne. Les auteurs de l'étude ont pris un peigne infrarouge, l'ont débarrassé des fluctuations de fréquences et l'ont transféré dans la région térahertz. Pour le nettoyage, ils ont utilisé l'effet d'autofocalisation de la lumière dans une fibre optique : la lumière se « coiffe » elle-même, en décalant les fréquences et en filtrant le bruit.
Le résultat est un peigne de 0,05 à 4 térahertz avec un pas de 50 mégahertz et une largeur de chaque dent de seulement 0,3 hertz. C'est comme si, entre les dents d'un peigne, il y avait un mètre d'écart, et que l'épaisseur de chaque dent était plus fine qu'un cheveu humain. Les fréquences ne fluctuent pas : l'erreur sur une seconde de mesure est de 8,6×10⁻¹⁴, comme si une horloge retardait d'une seconde en 370 000 ans.
Un tel peigne permet de régler rapidement le pas entre les dents et convient à la spectroscopie précise des molécules et aux étalons de temps.
La largeur de chaque raie du peigne est de 0,3 hertz. Si c'était un son, sa fréquence changerait d'un ton en trois secondes, et non en une fraction de seconde comme pour les lasers ordinaires.