Dans la maladie de Parkinson, on implante de fins fils dans le cerveau pour calmer les tremblements. L'opération est lourde et les fils restent en place pendant des années. Une équipe de chercheurs propose de s'en passer : diriger des micro-ondes vers la tête depuis plusieurs antennes, un peu comme des musiciens règlent le volume dans différents coins d'une salle pour que le son se fonde en un seul point.
Chaque antenne émet des ondes avec sa propre fréquence et sa propre phase. Au fond du cerveau, ces ondes se superposent et créent un champ électrique dans une petite zone, ce qui active les neurones. Autour, là où les ondes ne coïncident pas, le champ est presque imperceptible. C'est comme deux faisceaux de lampes de poche qui se croisent sur un mur : une tache lumineuse à l'intersection, et une pénombre autour.
Les chercheurs ont testé l'idée sur un modèle informatique de la tête avec tous les tissus : os, cerveau, liquide. Ils ont fait varier la position des antennes, leur orientation, les fréquences et les amplitudes pour obtenir une tache de stimulation bien nette. Même avec des déplacements aléatoires des antennes d'un centimètre, le foyer restait en place. Le niveau d'échauffement des tissus a été mesuré par le débit d'absorption spécifique — il n'a pas dépassé les normes admissibles.
C'est la première étude qui combine ces deux approches pour une stimulation non invasive des régions profondes du cerveau sur un modèle réaliste. Les essais sur l'humain sont encore loin, mais la voie est ouverte : peut-être que dans quelques années, les patients souffrant de troubles moteurs recevront une aide sans une seule suture.
Les micro-ondes sont le même rayonnement qui réchauffe les aliments au four à micro-ondes, mais ici la puissance est des milliers de fois plus faible et strictement focalisée.
Dans la série « Star Trek », les médecins utilisent des émetteurs sans contact pour soigner le cerveau — la méthode proposée fait un pas dans cette direction.