Un capteur de champ magnétique ultra-sensible ordinaire ressemble à une balance qui se met à mentir si on y pose une charge trop lourde. Le signal devient déformé, et il faut ajouter une électronique complexe pour redresser les mesures. Cette électronique génère du bruit et empêche un fonctionnement rapide.
Le nouveau capteur – le bi-SQUIPT spectroscopie] – est conçu différemment. À l'intérieur, deux boucles supraconductrices sont connectées de telle sorte que les distorsions de chacune s'annulent mutuellement. On obtient un signal régulier, sans composants superflus. Le capteur change l'intensité du courant de 120 microvolts – c'est comme si l'aiguille d'un instrument se déplaçait d'une distance notable sans trembler. De plus, il consomme presque rien : moins d'un billionième de watt, comme une luciole qui brille grâce à ses propres réserves.
La précision de ce capteur est comparable à celle de toute une batterie de capteurs ordinaires, mais il occupe moins de place et ne nécessite pas de circuits encombrants. C'est important pour les ordinateurs quantiques, où chaque fil supplémentaire et chaque watt de chaleur en trop perturbent le fonctionnement. Le bi-SQUIPT pourrait devenir cette petite « boussole » précise qui aidera les circuits quantiques à ne pas s'égarer.
À une température de 600 millikelvins (soit -272,55 °C), de nombreux métaux deviennent supraconducteurs, et le courant électrique y circule sans perte, comme l'eau dans un tuyau parfaitement lisse.