Lancer une pièce semble aléatoire, mais en réalité, tout est décidé par la physique : la force du lancer, la résistance de l'air, l'élasticité de la surface. Si l'on connaît tous les détails, le résultat peut être prédit. Le vrai hasard vit plus profondément, dans le monde quantique. Là, une particule n'a pas d'état défini tant qu'on ne la mesure pas, et le résultat de la mesure est impossible à prédire à l'avance. C'est comme si une pièce, pendant qu'elle est en l'air, n'était ni pile ni face, mais devenait l'un ou l'autre seulement au moment de retomber.
Le problème, c'est qu'il est dangereux de faire confiance au générateur de nombres aléatoires d'un autre. Et s'il glissait une séquence préfabriquée ? Avant, pour vérifier le hasard, il fallait savoir comment l'appareil était construit et croire qu'il n'avait pas été truqué. Les auteurs de ce nouveau travail ont fait autrement. Ils ont construit un test qui agit comme un examinateur strict : même si l'appareil lui-même est un tricheur doté d'une puissance de calcul illimitée, il ne pourra pas faire passer ses données pour aléatoires. Le test repose sur des mesures de particules quantiques uniques et n'a pas besoin d'une clé aléatoire initiale.
Cette avancée est importante pour la cryptographie, où les nombres aléatoires protègent nos mots de passe et nos virements bancaires. Si l'on peut certifier un générateur de nombres aléatoires sans lui faire confiance, alors même le fabricant de l'équipement ne pourra pas y intégrer un mécanisme secret prévisible. Le hasard devient un produit dont la qualité peut être vérifiée, comme la pureté de l'or chez un prêteur sur gages.
Le hasard quantique est si fondamental que même Albert Einstein en doutait, disant : « Dieu ne joue pas aux dés ». Cependant, de nombreuses expériences ont confirmé qu'il joue, et même avec ardeur.