Dans le nuage sombre G351, où de nouvelles étoiles s'apprêtent à naître du gaz et de la poussière, le champ magnétique s'est incurvé comme un sablier. Une telle forme est la signature d'un champ qui ne se contente pas d'observer la naissance des étoiles, mais qui y participe activement.
Les scientifiques ont utilisé le télescope SOFIA, installé à bord d'un avion, pour observer la poussière du nuage. Les grains de poussière s'alignent le long des lignes de champ magnétique, et leur lumière révèle la direction du champ. Il s'est avéré que dans une partie du nuage, le champ se resserre en un étroit « col », puis s'élargit vers les bords — comme le sable qui s'écoule dans un sablier. La force du champ y atteint 0,8 milligauss — soit environ 1000 fois plus faible qu'un aimant de réfrigérateur, mais pour un nuage de gaz, c'est énorme.
Cet équilibre signifie que le champ peut ralentir l'effondrement du nuage et influencer le nombre d'étoiles qui naîtront et leur masse. Si le champ est plus fort, il empêchera le nuage de s'effondrer trop rapidement. S'il est plus faible, la gravité l'emportera et les étoiles apparaîtront plus vite.
L'étude de G351 montre que les champs magnétiques ne sont pas des spectateurs passifs, mais des acteurs clés dans la naissance des étoiles. Sans eux, notre Soleil ne se serait peut-être jamais allumé.
Le nuage G351 est si dense que la lumière visible ne le traverse pas — c'est pourquoi on l'appelle un « nuage sombre infrarouge ». Mais dans les rayons infrarouges, il révèle ses secrets.
Dans le roman « Le Problème à trois corps », les champs magnétiques jouent un rôle clé dans le contrôle des particules — ici, le champ contrôle des nuages entiers de gaz.