Une étoile brille des milliards de fois plus que sa planète. Pour voir la planète, il faut éteindre la lumière de l'étoile, comme on met la main devant le soleil pour apercevoir un avion. Pour cela, on place dans le télescope un masque avec un relief ingénieux : il enroule la lumière de l'étoile en un anneau et l'atténue, tandis que la lumière de la planète passe presque sans perte.
Auparavant, ces masques ne fonctionnaient qu'avec une seule polarisation de la lumière, comme des lunettes qui ne laissent passer que la lumière avec une certaine inclinaison de l'onde. La moitié de la lumière était perdue. Désormais, de minuscules creux sont gravés sur le masque, et ils égalisent le fonctionnement pour toutes les polarisations. En laboratoire, le masque a été testé sur un banc simulant un télescope spatial, et il a atténué la lumière de l'étoile au niveau requis, soit cent milliards de fois.
Ce résultat est un pas vers un télescope qui cherchera des planètes autour d'autres étoiles et, peut-être, des signes de vie sur celles-ci. Le masque fonctionne déjà dans l'air comme dans l'espace, et il est prêt à voler.
La lumière d'une étoile est atténuée cent milliards de fois, c'est comme repérer une luciole à côté d'un projecteur de stade.
Dans le film « Interstellar », pour observer des planètes autour d'un trou noir, il aurait fallu de tels masques, sinon la lumière du disque d'accrétion aurait ébloui les caméras.