L'Univers a longtemps été considéré comme un cuisinier strict : on pensait que dans chaque recoin, les étoiles étaient préparées selon une seule recette — pour chaque étoile géante, il naissait à peu près le même nombre de naines, peu importe le lieu de naissance. Cette proportion était appelée fonction de masse initiale, mais il était difficile de la vérifier : pour compter tous les petits pains d'une boulangerie lointaine, il faut voir même les plus petits.
Le satellite Gaia, armé de mesures de précision, a scruté des centaines d'amas ouverts — ces « fournées » d'étoiles. Il s'avère que dans différentes régions galactiques, la recette varie : là où le gaz et la poussière étaient plus denses et l'hydrogène plus chaud, les géantes étaient plusieurs fois plus nombreuses. L'Univers ressemble davantage à un réseau de boulangeries aux traditions variées qu'à une chaîne de production unique.
Ce simple fait change beaucoup de choses. Par exemple, les calculs du nombre de planètes potentiellement habitables et la distribution de la matière noire dans les galaxies reposaient sur d'anciennes hypothèses. Désormais, il est clair que même les ingrédients de base du cosmos ne se mélangent pas selon un modèle unique, et les astronomes doivent réécrire leurs livres de cuisine.
Le Soleil est une étoile moyenne, mais la grande majorité des étoiles de la Voie lactée sont de faibles naines rouges, qui vivent des centaines de fois plus longtemps et sont des centaines de fois moins brillantes que lui.