L'Univers est une toile immense faite de matière noire invisible et de galaxies, tendue par l'expansion de l'espace. Les neutrinos, ces particules fantômes presque insaisissables, s'accrochent à peine aux fils, mais leur masse totale modifie imperceptiblement la tension de tout le réseau.
Au lieu de se concentrer sur les nœuds brillants, les scientifiques ont étudié les vides entre les fils. La forme de ces « trous » s'est révélée très sensible à la masse des neutrinos : des particules plus lourdes en lissent les bords. En appliquant une méthode qui consiste à décomposer une tapisserie complexe en points individuels, les chercheurs ont pu, même sur un petit morceau de simulation (un cube d'un demi-milliard d'années-lumière de côté), estimer la masse des neutrinos avec une incertitude de 0,05 électronvolt — des millions de fois plus léger que l'électron.
Les relevés réels du ciel permettront de vérifier si le modèle standard de la physique est mis à l'épreuve.
Chaque seconde, environ cent milliards de neutrinos traversent un ongle humain sans jamais entrer en collision.