Un couteau de cuisine ordinaire en niobium, à −258 °C, se met soudain à conduire le courant sans la moindre perte. C'est le principe de la supraconductivité, et on peut l'« activer » directement à la surface du métal en la bombardant avec un laser sous atmosphère d'azote.
Dans l'expérience, une plaque de niobium a été placée dans une chambre contenant de l'azote sous pression jusqu'à 2,5 atmosphères, puis irradiée par de courtes impulsions laser. Le laser a fait fondre la couche supérieure du métal, l'azote s'est incorporé au bain fondu et, lors de la solidification, un film de nitrure de niobium s'est formé — un composé de niobium et d'azote. Lorsque le laser fonctionnait à forte puissance et que l'azote était abondant, la phase riche en azote prédominait dans la couche superficielle. Ce matériau passait alors à l'état supraconducteur à 15 kelvins (environ −258 °C) — nettement plus chaud que pour le niobium pur.
En modifiant la pression d'azote et l'énergie du laser, on peut obtenir soit un revêtement dur et résistant à l'usure, soit une couche supraconductrice. Cela ouvre la voie à la fabrication de pièces aux propriétés sur mesure : résistantes à l'extérieur et conductrices sans perte à l'intérieur.
Le niobium pur devient supraconducteur à 9,2 kelvins, tandis que le film obtenu dans l'expérience l'est à 15 kelvins. La différence n'est que de quelques degrés, mais pour la technologie, c'est un pas vers un refroidissement moins extrême.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Les Fontaines du paradis », un ascenseur spatial est décrit comme étant fait d'un matériau ultra-résistant. Le traitement laser du niobium, qui durcit la surface, rappelle la technologie de création de tels revêtements.