Les poumons ne sont pas deux sacs, mais des millions de minuscules alvéoles où l'air entre et où le sang afflue. Pour voir comment ils fonctionnent, les médecins utilisent parfois l'IRM sans produit de contraste : l'appareil capte de faibles signaux émis par les tissus eux-mêmes. Mais ces signaux ressemblent à une radio pendant un orage : la respiration se dérègle, le pouls s'accélère, et l'image se dégrade.
Autrefois, on décomposait les données en ondes simples, comme on décompose une musique en notes, pour chercher les fréquences utiles. Mais un organisme vivant ne joue pas selon une partition : l'amplitude varie, la fréquence fluctue. Les chercheurs ont donc créé VQ-Wave, un réseau de neurones qui apprend sur des signaux synthétiques, auxquels on a ajouté volontairement du bruit et de l'irrégularité. Le réseau ne regarde pas seulement chaque point dans le temps, mais aussi ses voisins dans l'espace, à la manière d'un chef d'orchestre expérimenté qui entend tout l'orchestre, et pas seulement un violon.
L'ancienne méthode, le « crayon matriciel », donnait dans ces conditions des résultats lacunaires : certaines zones pulmonaires disparaissaient, d'autres étaient surestimées. Le nouveau réseau, lui, produisait des cartes stables de ventilation et de flux sanguin, repérant avec précision les défauts chez les enfants malades. C'est comme passer d'un appareil photo argentique fragile à un appareil numérique qui stabilise lui-même les mains tremblantes.
Désormais, un scan court ne condamne plus à l'imprécision. Les enfants et les patients gravement malades n'auront plus à rester immobiles presque une minute : 15 secondes suffisent, et le médecin obtient une carte fiable des poumons.
La mucoviscidose est une maladie héréditaire dans laquelle le mucus des poumons devient épais comme du miel et obstrue les voies respiratoires. C'est pourquoi la carte de ventilation est si importante : elle montre où l'air ne parvient pas.