L'Univers est immense, et calculer comment les galaxies et la matière noire s'y répartissent n'est pas une mince affaire. En général, les scientifiques lancent des simulations informatiques qui « rejouent » l'évolution de régions entières de l'espace, de la taille de milliards d'années-lumière. Mais de tels calculs exigent des ressources et un temps considérables. La matière noire est invisible, mais c'est elle qui, telle une charpente invisible, détermine où les galaxies se rassembleront.
La nouvelle méthode s'apparente au travail d'un restaurateur qui reconstituerait une immense mosaïque à partir de quelques fragments conservés. Au lieu de modéliser tout le volume gigantesque, les chercheurs prennent de petits cubes d'espace — d'environ 50 mégaparsecs de côté (c'est la distance que la lumière parcourt en 163 millions d'années). Ces cubes sont nombreux, et chacun a sa propre densité : ici un peu plus de matière, là un peu moins. En entraînant le modèle sur ces morceaux, on peut ensuite « recoller » une image complète de la distribution des masses.
Le secret réside dans le fait que le modèle tient compte de l'influence de la densité de chaque morceau sur le nombre de galaxies qu'il contient. Ensuite, connaissant la fréquence des régions de différentes densités, on peut additionner toutes les contributions et obtenir une image globale. C'est comme si vous vouliez connaître la taille moyenne des habitants d'une ville, mais qu'au lieu de recenser tout le monde, vous mesuriez la taille dans quelques quartiers — pauvres et riches, anciens et récents — et que vous en faisiez une moyenne pondérée.
Cette approche ouvre la voie à l'étude des plus petites galaxies, qui étaient auparavant difficiles à « capturer » dans les grandes simulations. Et à l'horizon se profilent de nouveaux télescopes, tels qu'Euclid et Roman, qui collecteront des données sur des milliards de galaxies. Pour les interpréter, il faudra précisément des méthodes aussi rapides et intelligentes.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.17981
We present a new method for emulating the halo mass function (HMF) and other distribution functions in large effective volumes, down to low halo masses, whilst simultaneously modifying large ranges of parameters, for a fraction of the cost of traditional periodic cosmological simulations. We demonstrate the method by selecting small regions, $$V \sim (50 \,h^{-1}{\rm Mpc})^3$$, with a range of overdensities from the Quijote suite, consisting of tens of thousands of $$(1 \,h^{-1}{\rm Gpc})^3$$ $$N$$-body simulation volumes run with varying $$\Lambda$$CDM parameters. We train a differentiable emulator, conditioned on the overdensity of the region and these global parameters, to reproduce the halo mass function in these regions. We then successfully recover the global distribution of halo masses of the entire box by integrating over the overdensity distribution. Our approach uses just $$\sim\,$$0.026% of the original simulation volume, and suggests that suites of targeted `zoom' simulations, extracted from low resolution parent volumes, can be used to emulate large volume simulations at a fraction of the computational cost, whilst simultaneously pushing the dynamic range to much lower masses than can be achieved in periodic simulations. We discuss emulation of other key dark matter and baryonic distribution functions, as well as higher order statistics, with implications for the interpretation of upcoming wide field surveys on observatories such as Euclid, Roman and Rubin.
Le volume d'un petit cube dans la nouvelle méthode est celui d'un cube de 50 mégaparsecs de côté. Si vous le traversiez à la vitesse de la lumière, le voyage durerait 163 millions d'années.