Un gaz superfluide se comporte comme un liquide sans frottement. Deux nuages de ce gaz sont reliés par un pont étroit, et un flux de particules le traverse. Cela rappelle l'effet Josephson dans les supraconducteurs, sauf qu'ici ce sont des atomes neutres au lieu d'électrons.
Lorsqu'on active le champ magnétique artificiel (créé par des lasers), le flux d'atomes commence à tourbillonner. Les vortex à l'intérieur de la transition — vortex de Josephson — s'alignent en rangées et modifient la distribution du courant. Le courant critique, au-delà duquel la superfluidité est détruite, cesse d'être constant : il augmente puis diminue, reproduisant ce motif strié.
La modélisation a montré comment les vortex, tels des tourbillons dans une rivière, redistribuent le flux. Contrairement aux supraconducteurs, il n'y a pas de charge électrique ici, donc le motif est déformé différemment. Cela offre une nouvelle façon d'étudier la cohérence (la cohérence des ondes) dans les systèmes quantiques. Ces transitions contrôlables pourraient devenir la base de futurs dispositifs quantiques où l'information est transportée non par des électrons mais par des ondes de matière.
Le champ magnétique synthétique pour les atomes neutres est créé par des lasers : la lumière fait se déplacer les particules comme si un véritable aimant agissait sur elles.
Dans le roman « Blindness » de Peter Watts, un esprit extraterrestre utilise des champs magnétiques pour contrôler les états quantiques, presque comme dans cette expérience.