À l'intérieur d'un supraconducteur, le champ magnétique s'enroule généralement en tubes – des vortex, chacun portant un quantum de flux magnétique. C'est ainsi qu'est constitué le réseau classique d'Abrikosov. Mais dans les cristaux de LiFeAs, le tableau est différent.
La spectroscopie muonique a montré que le champ ne pénètre pas par des vortex individuels, mais par des bandes. Dans chaque bande se trouvent des paires de vortex « sans cœur ». Ce sont des états liés de deux demi-vortex quantiques, séparés dans l'espace. Ainsi, au lieu d'un seul tube avec un quantum entier de flux, on a deux moitiés, séparées par une région sans champ.
Une telle structure témoigne d'un état supraconducteur inhabituel dans LiFeAs. Il est possible que le matériau possède plusieurs paramètres d'ordre en compétition, et que, dans certaines conditions, ils forment une phase striée. Cette découverte aide à mieux comprendre les mécanismes de la supraconductivité dans les composés à base de fer.
Les muons sont de lourds cousins des électrons qui ne vivent que 2,2 microsecondes, mais qui ont le temps de « ressentir » le champ magnétique à l'intérieur du cristal.