Si l'on vérifie chaque seconde où se trouve un électron, ses propriétés quantiques changent. C'est comme un enfant qui joue à cache-cache mais qu'on appelle constamment par son nom : il se fige et arrête de courir. Dans le monde des particules, une telle « interpellation » est une mesure. Elle empêche les particules de former librement un état quantique commun, ou intrication.
Les physiciens ont étudié ce qui se passe si l'on ajoute à un tel système des perturbations chaotiques — par exemple, des défauts aléatoires dans le cristal où vivent les électrons. On ne savait pas clairement si les perturbations briseraient la transition entre différents types d'intrication. Les auteurs de l'étude ont construit un modèle mathématique et ont constaté : les perturbations ne modifient que légèrement les paramètres, mais ne peuvent ni créer ni détruire la transition. Dans un film bidimensionnel ou un morceau de matériau tridimensionnel, la transition persiste : l'intrication soit décroît rapidement avec la distance (comme des rides sur l'eau), soit décroît plus lentement, selon une loi particulière. Dans une chaîne unidimensionnelle — par exemple, une rangée d'atomes — l'intrication décroît toujours rapidement, et les perturbations n'y changent rien.
La modélisation informatique a confirmé la conclusion : dans une chaîne unidimensionnelle, même sans perturbations, l'intrication se comporte de la même manière — elle décroît rapidement si la chaîne est suffisamment longue. Auparavant, il semblait que dans des systèmes purs, cela pouvait être différent, mais de nouveaux calculs avec de longues chaînes ont montré : non, le comportement est le même. Le désordre n'est ni un ennemi ni un ami — c'est simplement un passager dans ce train quantique.
Dans le monde quantique, l'observation elle-même modifie l'objet. Si l'on regarde une particule trop souvent, elle cesse de « sentir » ses voisins et se comporte comme une solitaire.