Un trou de ver est un tunnel à travers l'espace, autorisé par la théorie de la gravité. Si on le fait tourner, il se met à sonner comme une cloche. L'effet a été prédit sur la base des travaux d'Einstein, puis développé par Wheeler et Thorne : une matière inhabituelle (apparentée à l'énergie noire) maintient les parois, et la rotation crée une résonance — les ondes rebondissent entre les barrières de la courbure de l'espace-temps et s'amplifient mutuellement. Ainsi naît une « sonnerie » unique : au lieu d'un spectre lisse, apparaissent des pics spectraux aigus — des harmoniques qui trahissent la forme de l'objet invisible. La simulation numérique a révélé un paradoxe : les mêmes équations décrivent les états excités des noyaux atomiques. La cloche cosmique et le micro-monde vibrent sur la même note. Pour distinguer un tel trou de ver d'un trou noir, on peut observer le disque d'accrétion qui l'entoure : le rayonnement qui plonge dans la gorge ne disparaît pas à jamais, il revient avec un décalage vers le rouge gravitationnel. Des instruments sensibles, comme ceux à bord du James Webb, pourraient déjà tenter de capter cette sonnerie extraterrestre.
Les mêmes formules mathématiques qui décrivent la sonnerie d'un trou de ver régissent les états excités des noyaux atomiques — la physique est unifiée, du micro-monde au cosmos.
Dans la science-fiction, les trous de ver traversables sont bien connus : dans « Interstellar », on voyage à travers un tel tunnel vers une autre galaxie, et dans « Contact », il ouvre la voie vers des civilisations lointaines.