L'univers est une immense ville. La matière noire en est la charpente invisible, et l'énergie noire, la force qui étire les rues. Longtemps, on les a crues indépendantes, mais une nouvelle étude les a surprises en flagrant délit de communication secrète. Les astronomes ont utilisé des lentilles gravitationnelles — d'immenses amas de galaxies qui courbent la lumière comme des miroirs déformants aux carrefours. L'effet avait été prédit par Einstein, et Fritz Zwicky fut le premier à remarquer que les amas se comportaient comme s'ils cachaient une masse invisible. Les lentilles ont pesé cette masse au fil du temps et ont montré que, dans le passé, la matière noire s'écoulait vers l'énergie noire, ralentissant l'accélération. Mais le plus surprenant, c'est que ce processus n'a pas été constant. Il a changé de direction plusieurs fois au cours de l'histoire cosmique, comme si la ville respirait, réaménageant périodiquement ses rues et sa charpente.
Cette découverte offre une nouvelle façon d'étudier l'expansion de l'univers, qui s'accélère sans raison apparente. Si l'énergie noire et la matière noire échangent réellement leurs propriétés, le mystère cosmique s'éclaircit un peu.
Une lentille gravitationnelle peut créer plusieurs copies d'une même galaxie dans le ciel — comme un tour de passe-passe cosmique avec des miroirs.