L'espace-temps n'est pas un vide, mais une membrane élastique. Quand des étoiles à neutrons (des sphères ultra-denses de la taille d'une ville) ou des trous noirs entrent en collision, la membrane frémit : des ondes gravitationnelles la parcourent. Cet effet a été prédit par Einstein, et ce sont les détecteurs construits avec la participation de Rainer Weiss qui ont permis d'entendre ce frémissement cosmique. Chaque « sursaut » ne dure que quelques fractions de seconde, et sa lumière s'éteint en quelques minutes.
C'est là qu'intervient le programme GstLAL, un auditeur virtuose qui distingue le vrai signal du bruit en seulement 16 secondes. Il fonctionne presque sans interruption (98 % du temps) et, lors de la dernière campagne d'observation, il a été le premier à donner l'alerte pour 222 catastrophes cosmiques sur 250. De plus, 75 d'entre elles n'ont été remarquées par personne d'autre : ces signaux ont failli échapper à la science.
Curieusement, le déplacement de l'espace dû à une onde est mille fois plus petit qu'un proton, mais les « règles » laser de LIGO le détectent quand même. Le succès de GstLAL tient à sa capacité à agir des dizaines de secondes plus vite que ses concurrents, donnant aux télescopes une chance de se tourner vers l'éclair qui s'éteint. Les résultats du programme coïncident avec le catalogue final dans 93 % des cas.
L'alerte de GstLAL arrive plus vite que l'eau ne bout dans une bouilloire : en moyenne 16 secondes. Cela laisse aux astronomes une chance de capter la lumière qui s'éteint en quelques minutes.