Une loupe concentre la lumière du soleil en un point brillant. Si le verre présente un défaut minuscule, la tache lumineuse se déforme. C'est à peu près ainsi que fonctionne la lentille gravitationnelle : une galaxie massive courbe les rayons lumineux d'une source plus lointaine, créant une image agrandie et parfois déformée. Dans le système PJ011646, les astronomes ont utilisé le télescope ALMA pour scruter à travers une lentille cosmique — une galaxie elliptique — une galaxie encore plus lointaine, visible dans le domaine millimétrique.
Sur l'image de la galaxie lentillée, les scientifiques ont remarqué de subtiles cassures et décalages que la seule forme de la galaxie-lentille ne peut expliquer. Ces distorsions apparaissent lorsque la lumière rencontre sur son chemin un objet massif invisible — un amas de matière noire (cette substance mystérieuse qui n'émet ni n'absorbe la lumière, mais se manifeste par la gravité). L'analyse a montré que cet amas pèse environ 28 milliards de soleils, mais est concentré dans une région de seulement quelques milliers d'années-lumière. Pour comparaison : si notre Soleil avait la taille d'un petit pois, cet amas serait comme un ballon de football composé de millions de ces pois.
Le plus intéressant est que la masse de cet objet — environ 28 milliards de masses solaires — se situe dans la plage où les théories de la matière noire froide et chaude prédisent des nombres différents de tels amas. La matière noire froide (composée de particules lentes et lourdes) permet de nombreux petits amas, tandis que la matière noire chaude (avec des particules plus légères et plus rapides) en prédit beaucoup moins. Cette découverte confirme que la méthode de lentille gravitationnelle à haute résolution peut sonder cette plage de masses critique et, à l'avenir, aidera à trancher entre les hypothèses concurrentes.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.21212
We present a strong lensing analysis of the system PJ011646 using high-resolution ($$\sim$$0.1 arcsec) Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) dust-continuum observations to test for the presence of dark matter substructures. The lens mass distribution is modelled with an elliptical power law and third- and fourth-order multipoles (PL+MP; $$m=3,4$$), plus external shear. The multipoles have amplitudes of $$\simeq$$1.5 per cent of the convergence, consistent with nearby early-type galaxies, and improve the fit by $$\Delta\ln Z = 52.1$$ relative to a pure PL model. Using this best-fitting macromodel, we perform a grid-based subhalo search in the image plane, parametrising the perturber as a spherical NFW. A subhalo in two locations in the image plane improves the fit by $$\Delta\ln Z>10$$. Both correspond to the same location in the source plane, so they are partially degenerate; follow-up analysis suggests that only one is physically real. This is a subhalo of mass $$M_{200} = {2.78}_{-0.66}^{+0.43} \times 10^{10} \, M_\odot$$ and concentration $$c_{200} = 30_{-7}^{+5}$$, detected at $$\sim$$5.8$$\sigma$$ significance (relative to the PL+MP). This concentration is consistent with that expected for a typical tidally stripped Navarro-Frenk-White subhalo. The enclosed projected mass is most tightly constrained within a radius of 2 kpc, where we infer $$M_{\rm sub} = {3.57}_{-0.14}^{+0.16}\times 10^9 \, M_\odot$$. From grid cells consistent with no detection ($$\Delta \ln Z < 10$$), we derive limits on the minimum subhalo mass that could have been detected at $$3\sigma$$ significance, finding $$M_{200} \approx 8 \times 10^{8} \, M_\odot$$ in the most sensitive regions of the lensed arcs. This demonstrates that ALMA continuum imaging at sub-arcsecond resolution can probe dark matter substructure in a mass regime where cold and warm dark matter models predict different abundances of subhalos.
La matière noire est environ cinq fois plus abondante dans l'Univers que la matière ordinaire — celle dont sont faits les étoiles, les planètes et nous-mêmes. Mais nous ne savons toujours pas de quelles particules elle est constituée.
Dans le roman « La Forêt sombre » de Liu Cixin, la matière noire est utilisée comme une arme — des amas invisibles capables de détruire des flottes entières. La réalité est peut-être moins dramatique, mais tout aussi mystérieuse.