On peut imaginer l'espace-temps comme une toile tendue. Un corps massif la déforme, guidant la lumière. La rotation, elle, tord la toile en spirale. Cet entonnoir gravitationnel est capable d'intriquer un photon qui passe avec la source même de la rotation — par exemple, un minuscule miroir. Une intrication quantique apparaît : un fil invisible qui lie leurs destins. Même la plus faible des forces, la gravité, tisse solidement une particule de lumière avec un objet tangible. La force de ce lien dépend directement du sens de rotation — dans le sens des aiguilles d'une montre ou dans le sens inverse.
En mesurant l'entropie — la mesure de l'intrication — pour les deux cas, les scientifiques pourront tester les hypothèses d'Einstein et de Wheeler sur la nature quantique de la courbure de l'espace-temps. De telles expériences montreront si la gravité est réellement tissée de quanta insaisissables — les gravitons, qui génèrent les ondes gravitationnelles.
Un graviton unique est si faible que pour le détecter, il faudrait construire un détecteur de la taille de Jupiter.