L'Univers jeune ressemblait à un lac bouillonnant. Son principal mystère — la matière noire — est cette substance invisible qui maintient les galaxies. Stephen Hawking avait déjà suggéré qu'elle pourrait être composée de minuscules trous noirs primordiaux. Une nouvelle étude affirme : ils ont été engendrés par de légères brises magnétiques.
Juste après l'inflation — cette expansion fulgurante prédite par Alan Guth — est venue une période d'expansion rapide. L'espace était rempli d'un plasma brûlant, un mélange de particules chargées. Y flottaient d'infimes champs magnétiques, des milliards de fois plus faibles que l'aimant d'un frigo. Mais comme une brise légère sur un lac crée des rides, ces champs ont amplifié les moindres surdensités. Résultat : la matière s'est effondrée en trous noirs.
Cette histoire ne contredit ni le Fond diffus cosmologique, ni la nucléosynthèse des premiers éléments décrite par George Gamow. Ironie : la force la plus faible — le magnétisme — a créé les monstres gravitationnels les plus puissants. Si ces trous constituent bien la matière noire, leur effondrement a produit des ondes gravitationnelles. La chasse est déjà ouverte.
Malgré sa masse incroyable — celle d'un gros astéroïde — un trou noir primordial aurait la taille d'un noyau atomique.