Avec James Webb, les astronomes ont « sorti » une troisième planète géante du disque de poussière trouble de l'étoile β Pictoris. Les deux autres étaient déjà connues, mais celle-ci se cachait dans la lumière éclatante, comme un poisson dans une eau boueuse.
L'imagerie classique ne suffisait pas, alors ils ont utilisé la décomposition de la lumière en couleurs : elle a révélé les empreintes de l'eau, du méthane et du monoxyde de carbone. C'est un peu comme pêcher à l'odeur chimique : au lieu de tirer le filet au hasard, on utilise un appât précis — le motif des raies moléculaires.
La planète sortie, β Pic d, est 2 à 4 fois plus massive que Jupiter et orbite très loin — plus loin que Neptune ne l'est du Soleil. Par sa masse, elle racle le bord interne du disque de poussière, comme si elle ratissait la vase. Son année dure plus de cent années terrestres, et cette méthode ouvre les yeux : chercher des mondes là où l'on ne voyait que du trouble.
L'année sur β Pic d dure au moins un siècle et demi : la planète est si éloignée qu'un seul tour autour de son étoile prend plus de 100 années terrestres.