Un phare dans un brouillard épais : plus la brume est dense, plus le faisceau s'étale. C'est un peu ce que fait une étoile à neutrons — un amas ultra-dense de la taille d'une ville, dont le rayonnement traverse les nuages de gaz interstellaire. Récemment, des astronomes ont trouvé un de ces phares particulièrement capricieux dans une galaxie lointaine. Ses signaux radio, qui voyagent vers nous à la vitesse de la lumière, changent plus vite que tous les modèles. Parfois, le sursaut se dédouble : les deux parties sont séparées de seulement 7 millisecondes, et la seconde arrive nette, comme si la première avait dégagé le chemin. Il est probable que le rayonnement soit si puissant qu'il repousse le gaz — comme une rafale de vent disperse le brouillard, laissant un tunnel de transparence. L'étoile elle-même semble tourner autour d'une compagne ordinaire et émet de temps en temps des impulsions régulières — un pulsar, observé pour la première fois par Jocelyn Bell Burnell. Son champ magnétique tord les ondes radio à tel point que la polarisation (la direction des oscillations) danse de manière imprévisible.
En comprenant la mécanique de ces phares, nous pourrons les utiliser pour sonder le gaz invisible entre les galaxies. En attendant, cet objet nous rappelle que même une étoile minuscule, qui tiendrait dans le périphérique, peut brûler plus fort que le Soleil tout entier.
Chaque sursaut est un clic qui dure un millième de seconde, mais dont l'énergie équivaut à une journée de travail du Soleil.