Les astronomes détectent des signes de vie sur des exoplanètes lointaines en analysant la composition de leurs atmosphères exoplanétaires. Le marqueur clé : les gaz qui révèlent la présence d'organismes vivants. Le plus fiable est le méthane : sur Terre, de microscopiques cuisiniers le préparent sans relâche, en se nourrissant d'hydrogène et de dioxyde de carbone.
Le secret de leur cuisine : la livraison passive. Les ingrédients se diffusent d'eux-mêmes dans l'eau, comme l'odeur d'une soupe qui se répand dans la maison. Plus la cellule-cuisinier est grande, plus elle a besoin d'hydrogène. Si la ressource vient à manquer, les géants disparaissent, les nains prospèrent. Ainsi, une petite taille mène à une production accrue de méthane. La physique est impitoyable : l'entropie (le désordre universel) oblige à économiser chaque goutte d'énergie — c'est ce qu'a montré Ludwig Boltzmann. L'évolution obéit : les microbes rapetissent, vivent plus longtemps, et leur empreinte gazeuse devient plus lumineuse.
Le télescope James Webb décompose la lumière en arc-en-ciel (spectroscopie) et cherche l'empreinte du méthane. En connaissant le bruit de fond naturel sans êtres vivants (négligeable par rapport au biologique), on ne confondra pas la géologie avec la vie. Surprise : la vie la plus discrète crée la voix chimique la plus forte. Et si, quelque part dans les abysses océaniques, des cuisiniers s'affairent, leur cuisine se trahira à des milliards de kilomètres.
Pour un cuisinier minuscule, l'océan est un milieu idéal : les molécules d'hydrogène se déplacent trois fois plus vite que l'oxygène, apportant les ingrédients directement à la cellule sans effort supplémentaire.