Les réseaux électriques équipés de panneaux solaires et d'éoliennes ressemblent à une partie d'échecs : la couverture nuageuse et les variations de consommation sont les coups de l'adversaire, impossibles à prévoir. Pour maintenir l'équilibre, les opérateurs devaient auparavant évaluer des dizaines de scénarios (incertitude) — ce qui demandait trop de temps et de calculs.
Le nouvel algorithme agit comme un grand maître : il ne se contente pas de calculer les options, il divise l'échiquier en zones indépendantes et les analyse simultanément. L'assistant ADMM découpe la tâche en morceaux pour que chaque « joueur » résolve sa partie, puis les coups sont coordonnés. De plus, l'algorithme mémorise les stratégies gagnantes des parties précédentes (entropie), évitant les branches sans issue.
Lors des tests, il a piloté un micro-réseau avec des panneaux solaires et des éoliennes cinq fois plus vite que les solveurs industriels standard — et aucune coupure. Les premiers systèmes de ce type, dans les années 1970, occupaient des salles entières de machines ; aujourd'hui, ils tiennent dans une puce d'onduleur. Grâce à cette vitesse et à cette mémoire, les micro-réseaux deviennent véritablement autonomes : ils n'ont plus besoin du soutien de serveurs cloud.
La méthode ADMM, utilisée dans l'algorithme, a été initialement conçue pour l'analyse distribuée de grandes données, et elle gère désormais de vrais flux d'énergie.