Après qu'une pierre a été jetée, les cercles sur l'eau disparaissent, mais le liquide conserve des oscillations microscopiques. Le moindre souffle — et la ride réapparaît. Les réseaux de neurones se comportent de la même manière. Lorsque les signaux électriques s'éteignent, la mémoire de ceux-ci demeure dans les points de contact — les synapses. Comme l'eau après la tempête, ces traces recèlent une énergie cachée. Les scientifiques ont montré : à partir d'une seule image de l'état des connexions, on peut prédire presque sans erreur si une nouvelle vague d'activité va se produire. Le plus surprenant : même après un silence complet, sans stimulus externe, le réseau est capable de déclencher lui-même une nouvelle bouffée d'activité. Dans le chaos entropique des connexions résiduelles naît parfois une impulsion ordonnée, donnant naissance à une nouvelle lueur d'activité, tel un rayon de soleil sur la crête d'une vague. Cette logique remonte aux idées de John von Neumann sur les automates auto-réplicants. Ainsi, le mécanisme de la mémoire cachée explique comment le cerveau retient les impressions lorsque les neurones se taisent.
Chez le minuscule ver nématode (long de 1 mm), il existe aussi une mémoire cachée : il retient l'odeur de la nourriture pendant plusieurs secondes après la disparition de la source.
Comme dans « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » : même les souvenirs effacés laissent des traces cachées capables de ressusciter les sentiments.